Elinn, set out for the distant sky

Elinn, set out for the beautiful sky

Octobre 2017, nous avons un test de grossesse positif et sautons de joie ! Pendant les mois d’été, j’avais fait une fausse couche, des jumeaux, c’est avec beaucoup de prudence que nous étions heureuses avec cette nouvelle. Les mois à venir allaient être animés avec beaucoup d’inquiétudes.

Plusieurs échographies et notre bébé se portait à merveille. Après un bon test DPNI, nous avons enfin osé annoncer la nouvelle à nos proches. Après 1 an et demie dans un trajet de fertilité, nous attendions enfin notre petit miracle en juin 2018. Nous allions avoir un « bébé d’été » ! Une petite fille ! La famille et les amis étaient impatients de rencontrer ce petit être humain tant désiré.

Début février 2018, nous recevions une écho magnifique des 20 semaines de grossesse. Notre fille se portait super bien, elle était déjà très grande et très active. Un vrai petit poisson dans l’eau, elle bougeait du matin au soir. Quand nous jouons certaines chansons, elle réagissait déjà.

Rien ne faisait croire que quelques semaines plus tard ça allait mal se finir…

Vendredi
Ma compagne et moi étions dans le train en route vers notre boulot. Dehors il faisait très froid, j’arrivais encore juste à fermer ma veste d’hiver avec mon ventre bien rond, j’étais à 23 semaines de grossesse. J’étais assise sur un petit banc tandis que ma compagne était debout entre la foule de gens. Il faisait très chaud dans le train, une chaleur un peu désagréable, sûrement à cause de tout ce monde dans le train. Tout à coup je me sentais mal, le sentiment que j’allais m’évanouir. Je n’entendais plus rien autour de moi et les gens m’observait avec un regard inquiétant. Ma compagne a ouvert ma veste et m’a donné un peu d’eau. Après une dizaine de minutes, je me sentais mieux. Ma compagne, toujours inquiète, proposait de m’accompagner au boulot ou d’aller voir un médecin. Je lui disais que je me sentais mieux et que ça irait.

Au boulot, des collègues me trouvaient un peu pale, mais plus tard dans la journée, j’avais de nouveau un peu plus de couleur. Je me sentais bien et bébé aussi bougeait bien, comme tous les jours. L’après-midi, je découvrais quelques tâches humides dans mon slip, mais je ne m’inquiétais toujours pas. Avant de rentrer, je faisais une fois de plus un passage aux toilettes et je remarquais une pression à l’avant. Je commençais à m’inquiéter, me disais que ce n’était pas normal, mais comme je devais partir pour ne pas rater mon train, je n’y portais pas plus d’attention.

Au soir, j’avais le ventre dur. Comme j’avais eu une semaine chargée, je décidais d’aller dormir, pensant que le lendemain ça irait mieux.

 

Samedi
Le samedi matin, je me suis levée après une bonne nuit de sommeil. Mon pantalon était couvert de tâches humides. Je commençais à paniquer. Pendant le petit déjeuner, je proposais d’aller aux urgences pour un contrôle plus tard dans la journée. J’hésitais toujours car je ne voulais pas déranger le personnel des urgences pour rien. Je retournais aux toilettes, je sentais de nouveau cette pression, mais qu’est-ce que c’était ? Je suis montée en haut pour regarder avec un petit miroir. J’ai ressenti des frissons partout sur mon corps. Je voyais quelque chose qui n’aurait pas dû se trouver là. Je ne savais pas ce que c’était, mais chaque partie de mon corps appelait au secours. J’en ai parlé à ma compagne, pendant que je lui expliquais ce que j’avais vu, des tâches de sang apparaissaient sur mon pantalon. Nous avons rassemblé nos affaires et avons couru vers la voiture.

Arrivées aux urgences, nous nous retrouvions dans un cauchemar. Une stagiaire cherchait plus d’un quart d’heure le pouls de notre bébé, sans succès. Heureusement, une sage-femme est venue l’aider et trouvait bel et bien le pouls de notre petite fille. « Ça ne sera sûrement rien madame, peut-être une petite vaine qui a éclatée », si seulement elle savait à ce moment-là à quel point elle se trompait. Le gynécologue de garde prenait une échographie, tout avait l’air en ordre. Il proposait de faire un examen vaginal pour en avoir la certitude. Il mettait le speculum et le retirait juste après, il laissait tout tomber, murmurait qu’il allait passer un coup de fil et il était parti. Nous laissant là avec beaucoup de questions, panique, peur, … Qu’est-ce qui se passait ?

A son retour, il nous parlait d’une bulle d’air avec du liquide et que je serais transportée à l’HU en ambulance. Nous ne comprenions rien et avant que nous puissions poser des questions, il était de nouveau parti. Depuis ce moment-là, tout est devenu flou... Les ambulanciers sont venus me chercher. Une fois arrivée à l’HU, nous suivions les flèches « salle d’accouchement ». Dans une salle d’accouchement, ils m’ont déposé sur un lit. Le professeur nous expliquait que le col de l’utérus avait lâché et que la poche des eaux sortait d’une ouverture de 5 cm. Il n’y avait pas de solution, on n’avait plus qu’à espérer que la petite reste encore un peu dans le ventre, car 23 semaines était trop tôt, elle ne pouvait pas survivre.

Vers midi, j’ai commencé à avoir des contractions… la situation était sans espoir. Notre fille allait naître trop tôt, beaucoup trop tôt. J’essayais de rester calme pourque notre fille ne ressente pas le stress. Elle ne ressentait rien, toujours si active dans mon ventre.

Dimanche
Notre fille était une vraie battante. Les contractions ont duré jusqu’au lendemain matin. Elle ne voulait pas descendre, elle savait que c’était trop tôt. Finalement, les sages-femmes m’ont donné des accélérateurs car ma santé était en danger. Elinn, notre petite battante, est née vivante. Elle est restée un petit quart d’heure près de nous avant de nous quitter pour un sommeil éternel. Nous lui avons déclaré notre amour et avons essayé de l’entourer avec beaucoup d’amour. Elinn était magnifique, tellement complète. Des petits doigts, des petits pieds trop mignons, des cils tout blonds, … Nous avions le coup de foudre et étions tellement fière d’elle.

Moins de 4 heures plus tard, une photographe d’Au-delà Des Nuages était à coté de mon lit. Elle a fait de magnifiques photos d’Elinn. Des photos que nous regardons tous les jours. Qui nous donnent du réconfort et qui ont reçu une place importante dans notre maison.

Au-delà Des Nuages
Dernièrement j’ai paniqué, je ne me souvenais plus de quoi elle avait l’air, est-ce que c’est possible ? Comment était son menton ? Comment était son petit nez ? Heureusement que nous avons les photos d’Au-delà Des Nuages. Jamais nous ne pourrions oublier de quoi avait l’air ses mains (une copie des miennes), nous pouvons toujours admirer ses cils et chérir son petit visage.

Parfois, en regardant les photos, je pleurs, parfois je souris. Les photos ne font pas disparaître notre peine, mais elles nous donnent du réconfort.

 






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