Tic & Tac

Tic & Tac

Ce furent 3 longues semaines, partagées entre excitation et peur, avec l’envie de crier au monde entier notre bonheur et en même temps essayer de ne pas laisser mes nausées et la fatigue nous « démasquer ».

Quelques jours avant la date prévue pour l’échographie, suite à des signes pouvant être inquiétants, l’infirmière nous dit au téléphone de passer aux urgences pour une échographie afin de vérifier que tout va toujours bien. 1e image… Ils sont 2 !!! 2 petits cœurs battent à l’écran ! Nous étions tellement soulagés que tout aille bien et tellement heureux qu’ils soient à 2 pour se tenir compagnie !

Le jour prévu pour la première échographie nous avons pu avoir leurs premières images. Nous l’avons ensuite progressivement annoncé à la famille proche ainsi qu’à des amis très proches. Le surnom Tic&Tac est né très vite et pour notre entourage c’était leurs noms provisoires.

D’échographie en échographie (plus nombreuses car FIV et aussi car jumeaux), notre rêve prenait forme. Début novembre, mesure de la clarté nucale et NIPT, autre étape importante. A l’échographie tout allait bien et une semaine plus tard résultats NIPT : tout va bien. De plus, on pouvait désormais savoir qu’au moins un de nos trésors était un garçon.

Début décembre, nouvelle échographie. Tic&Tac ont alors pu avoir leurs noms (gardés secrets jusqu’à la naissance) car les 2 sexes étaient alors connus : Tic serait la fille et Tac le garçon ! Ça tombait bien, nous n’avions qu’un seul prénom de garçon. On était vraiment sur un nuage, toute la journée. Je souriais bêtement en marchant dans la rue.

On pouvait se lâcher, le premier trimestre était passé, tout allait bien, ils grandissaient tous les 2 super bien. Prochaine étape, écho morpho le 15 janvier. Entre temps, fêtes de fin d’année avec l’annonce à toute la famille élargie ainsi qu’aux autres amis. Les demandes des parrains aussi. Nous nous étions fixés le 31 décembre pour avoir les réponses des 4 concernés. Que 2018 commence et nous apporte tout le bonheur du monde !

Le 13 janvier 2018, enfin le premier repérage dans les magasins de puériculture. De quoi ont besoin 2 petits bouts ??? On se donne 2 semaines pour faire nos choix et ouvrir une liste de naissance.

Lundi 15 janvier : écho morpho. 20 petits doigts, 20 petits orteils, 4 reins, 4 yeux, 2 cœurs en pleine forme, … Tout allait bien, juste un petit kyste à surveiller. On passe chez le gynécologue pour l’examen. Au toucher du col, il n’est pas tout à fait rassuré, il fait une écho du col. Puis le verdict tombe : je serai hospitalisée directement avec repos au lit forcé. Le col est fortement effacé, 7mm ! Nous étions à 21 semaines pile : NON VIABLE. Il faut essayer d’atteindre un minimum de 24 semaines.

Tout s’écroule alors, la peur prend le dessus. Son assistant me prend en charge directement, monitoring et médicaments pour arrêter les contractions. Prochain examen du col prévu pour vendredi, d’ici là 2 monitorings par jour et médicaments toujours.

Jeudi 18 : monitoring du matin extra plat, aucune contraction en 30 min (alors que jusque là, minimum 2). La sage-femme en profite pour qu’on écoute aussi leurs cœurs. La journée commence bien. Sur l’heure de midi, mon mari présent comme tous les jours, visite du gynécologue. Tant que les contractions sont calmées, pas d’examen du col pour ne pas stimuler en plus. L’optimisme reprend le dessus.

14h20, une poche d’eau cède… Mon mari venait d’arriver au travail quand je l’ai contacté, retour en urgence à l’hôpital. La descente aux enfers a commencé. Le gynéco est revenu nous voir. Plus aucun médicament pour stopper les contractions mais antibiotiques en IV directement. L’échographie confirme que la poche de Tac est rompue. Il est condamné, il faut nous y faire à l’idée. Le seul espoir : éviter une infection et arriver à 24 semaines pour Tic. Alitement absolu, interdiction de me relever. J’ai des contractions plus fortes et très rapprochées (toutes les 2 minutes à un moment). Tic est agitée, elle bouge beaucoup. Nous demandons un lit d’appoint pour mon mari, la sage-femme nous transfère de chambre et nous laisse tranquilles. Nous n’arrivons pas à manger et restons à compter les minutes. Les 48 premières heures seront décisives : soit la poche de Tic va suivre, soit il va y avoir un début d’infection et alors tout prend fin, soit rien de tout ça arrive et on peut espérer atteindre les 24 semaines pour Tic.

Vendredi les contractions sont plus espacées, pas de fièvre, on continue d’espérer. Puis dans le nuit de vendredi à samedi je suis réveillée car j’ai froid … Et j’ai compris directement que tout prenait fin… Il faisait chaud dans la chambre, les frissons ne pouvaient vouloir dire qu’une chose : fièvre, infection donc. La sage-femme tente tout de même un Dafalgan à minuit. A 2h, la température avait encore augmenté. Monitoring et échographie. J’ai des contractions plus fortes, le cœur de Tac bat faiblement et celui de Tic commence à faiblir également. A 3h, le gynécologue est mis au courant, on monte en chambre d’accouchement. La température monte toujours, j’ai des grands frissons et des contractions douloureuses. On me met sous morphine pour la douleur et des poches froides pour baisser la température. Je suis dans un état second entre la fièvre et la morphine. Mon mari essaye de m’aider comme il peut.

Samedi 9h, le gynécologue est là. L’accouchement ne va pas tarder. En effet, Tac est arrivé à 9h30, suivi de Tic à 9h36, à 21 semaines et 5 jours. Ils ont leurs noms désormais : Amandine et Benjamin. Nous avons pu les voir vers 11h30, le temps que je sente mes idées plus claires après la morphine. Tellement différents mais tellement complices ! Nous sommes amoureux d’eux directement ! La sage-femme a pris leurs empreintes et des photos. Elle nous parle également d’une association qui peut venir les prendre en photo : Boven De Wolken. Nous disons oui directement. Nous avions prévu 3 séances photo pour eux, qui n’auraient plus lieu, mais voulons immortaliser tout d’eux ! En attendant une réponse, nous avons déjà les photos prises par la sage-femme. Nous les regardons à de nombreuses reprises et analysons chaque détail.

Lundi matin, ballet dans la chambre d’hôpital. Médecins, assistante sociale, assistante pastorale, psychologue. Puis, Annelies de Boven De Wolken. Elle nous félicite en arrivant. Etrange à première vue, mais ça fait tellement du bien : nous sommes reconnus en tant que parents. Elle est la seule à l’avoir fait. Puis elle leur parle et les touche avec tant de douceur, prend en photo tous les détails possibles. Nous ne voulions pas de photos avec nous « posant », juste d’eux. Mais Annelies a fait cela merveilleusement bien : elle a fait des photos de nous avec eux, leur parlant et les cajolant, le tout sans même qu’on sente sa présence. Nous avons des photos de famille, naturellement, où transpercent la fierté, la douleur, l’amour. Pendant ce temps nous avons pu vraiment imprimer dans nos têtes tous leurs traits, attribuer leurs ressemblances à papa ou maman, les tenir près de nous, leur dire adieu…

En rentrant à la maison l’après-midi, nous nous sentions vides. Une semaine plus tôt nous étions partis à 4, là on rentrait à 2. Heureusement Annelies nous a envoyé les photos très rapidement. Nous avons pu imprimer certaines d’entre elles pour les mettre dans différentes pièces de la maison : nos loulous étaient enfin chez eux. Ils ont également pu avoir leur album photos, avec les projets que nous avions mis en place pendant la grossesse et des photos d’eux ensuite. Ca les rend « réels », ils ont existé ! Nous pouvons aussi les présenter avec tant de fierté à la famille et aux amis qui le désirent : voilà Amandine et Benjamin, nos Tic&Tac … Et leurs petits frères et sœurs pourront voir leur grand frère et leur grande sœur.

On ne saura jamais dire à quel point ces photos ont de la valeur pour nous… Merci Boven De Wolken d’exister et permettre d’avoir un peu de douceur quand la Terre semble s’arrêter de tourner. Merci Annelies, pour ces moments uniques immortalisés, merci d’avoir permis de les rendre réels et aussi pour les photos de famille, c’est inestimable…




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